Mots. rencontres.

On n’imagine pas que c’est durant un confinement, à 41 ans, qu’on va avoir la chance de faire deux rencontres exceptionnelles dans sa vie. Presque coup sur coup.

En temps normal, oui, pourquoi pas mais là, en confinement….Et pourtant…

Deux rencontres, deux fois le même prénom. Etrange la vie.

La première. Une rencontre pépite comme on croit qu’on les a toutes faites à un certain moment de son existence. Mais non, la vie réserve encore des surprises à cet âge. Tant mieux. Quel bonheur, alchimie immédiate, valeurs intactes de part et d’autre, évidente sincérité. Merci la vie, dans ces moments extrêment difficiles et inhumains de m’offrir cela. A moi qui accède si rarement aux émotions profondes de peur de me mettre en danger, à moi qui m’accroche à mon mental et aux mots couchés sur le papier comme d’autres à leur précieux.

Une personne désintéressée, sensible, attentionnée qui se nourrit presque exclusivement du bien qu’elle fait aux autres. Et pas qu’en période de confinement. Le juste inverse d’un vampire narcissique en fait mais ça n’a même pas de nom. Un héros, un vrai, de première ligne. Un être qui redonne confiance en Nous. Merci et chapeau l’artiste.

Et puis, ce matin… Réveil difficile, nuit difficile déjà pour commencer. Le sommeil ne voulait pas, ce qui m’arrive si rarement. Humeur maussade, une fois de plus, je cherche le sens de tout.

Deux petites choses illuminent cependant ma journée. Je vais passer à la résidence de Papy lui porter quelques affaires en fin de journée, je ne le verrai pas mais je serai tout près de lui et comme toujours, je prends plaisir à joindre à son linge, de quoi grignoter, de quoi boire, une longue lettre d’amour…. Je dessine des coeurs sur les sachets, j’écris partout où il y a de la place.

Et puis, j’attends un colis. Moi qui ne commande jamais rien. J’attends un colis car je prépare un cadeau pour ma rencontre pépite justement. Toujours là pour les autres, j’ai envie de lui montrer que nous aussi, les autres, nous sommes là pour lui.

Dans ma morosité du matin, je décide de sortir vider ma boîte aux lettres et regarder si le camion de livraison est là. Rien en vue mais du courrier dans la boîte que je ne vide jamais ou presque.

J’ouvre la grosse enveloppe mais je sais de qui elle vient car elle fait suite à un échange sur Messenger. Echange très bref et étrange. Un peu angoissant même. Un ami de longue date mais que par la force de la vie, je vois peu. Je me suis déjà souvent dit que « trop peu » d’ailleurs car je l’apprécie sincèrement. Il veut m’envoyer quelque chose mais la description est très floue. Connaissant un peu ses compétences, je m’inquiète de ne pas savoir y répondre honorablement. Mais j’ai envie de lui faire plaisir.

J’ouvre la grosse enveloppe donc, et surprise, l’objet (je dis l’objet parce que je ne lui ai pas dit que je vous parlerais de lui) n’a rien à voir avec ce que je sais de lui. Ou du coup, de ce que je croyais savoir.

Je m’écroule. Dans le bon sens, positivement.

Je me rends compte que je pressentais parfaitement cet ami, instinctivement mais que je ne le connais pas. Nous nous sommes rencontrés la première fois en 1997. Je le sais parce que je me souviens très bien de notre rencontre. J’ai un peu honte de moi. Autant d’années sans avoir pris le temps de discuter sincèrement. C’est aujourd’hui, en plein confinement que je fais enfin sa connaissance. Il est ma deuxième rencontre de confinement. Merci la vie. J’espère qu’après tout ça, nous aurons le temps de partager de bons moments, vraiment, sincèrement.

Il y a donc encore de l’espoir ou des raisons d’espérer. Ouf…

Ils se reconnaitront peut-être…

Mots. Sordide.

D’où peut venir cet allèchement pour le sordide?

J’ai beau y réfléchir, je ne sais pas.

Peut-être que dans toute chose,

il y a du beau, du désirable…

 

Quoi qu’il en soit,

le sordide exerce sur moi

une force d’attraction

contre laquelle je ne peux rien, je ne veux rien tenter.

 

En sa présence,

mon masque tombe

là où je n’irai le chercher

que si j’y suis contrainte.

 

Je brûle, je me consume

Je provoque dès lors moi-même

la lumière qui m’attire.

Et comme l’insecte qui ne sait pas ce qui l’attend,

insectes-projecteur-vv1

Une fois de plus,

je vais m’y brûler les ailes

Mais Dieu, que c’est bon.

Que rien n’est comparable

 

A la jouissance d’être sordide, au moins un court instant.